L'exposition a été conçu comme un espace mental, avec une certaine abstraction et une certaine virtualité. Le niveau de conscience dans lequel se situe les œuvres est celui du demi-sommeil.

Nous nous trouvons entre deux mondes, dans un espace liminal (celui des portails) où les formes sont en train de changer, de passer de l'organique à l'abstrait. Du modelé au géométrique. Ils sont en phase de métamorphose. 

Les sculptures sont formées de modules qui s'assemblent. Elles supposent que plusieurs combinaisons sont possibles. Fragmentées, éclatées et pourtant formant une unité, elles répondent à la pensée d'un Tout composé de parties.

La lumière-couleur réunit les objets en les enveloppant d'une même chromatique. Elle joue le rôle du liquide amniotique ou de la gélatine en photographie. Matière neutre qui tient les objets ensemble et permet les échanges. La couleur des peintures joue se même rôle. Faire flotter, combattre la gravité, la chute, la dispersion permanente des choses.


Tous les objets présents sont potentiellement habités. Dans une sensibilité animiste, on peut voir en eux du vivant. Ordonnés, schématiques, statiques, hermétiques, ils sont comme des gisants. Mais plongés dans l'obscurité, exposés aux mouvements de la lumière-couleur, sous ses variations, ils s'animent, ils prennent du « rose au joue ». La lumière expriment les objets.

Dans une relation mimétique, la personne tend vers l'objet, et l'objet vers la personne. La lumière-couleur produite par les éclairages bas de gamme, les écrans, ou les simulacres du soleil, animent nos organismes figés, nos visages pétrifiés, nos corps objectivés.

Les images et les objets font appel à des représentations de nous-même allant de l'humanisme, à la médecine occidentale moderne et la médecine orientale ou encore à la robotique. L'individu est représenté dans un état transitoire, entre une hyper objectivité sur lui-même et une subjectivité hallucinée, fragmentée.

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